De plus en plus de parents se demandent si la danse compétitive chez les jeunes reste toujours positive.
J’ai lu récemment un article de La Presse qui m’a profondément touchée. On y parlait de jeunes dans le sport, de sélection, de performance, de temps de jeu… mais surtout de ce que certains enfants ressentent quand ils ont l’impression de ne pas avoir leur place.
En le lisant, je me suis reconnue.
Pas parce que je dirige un programme sportif (bien que la danse soit un sport en soi!)
Parce que je dirige une école de danse.
Et que les mêmes questions existent aussi chez nous.
Pourquoi j’ai créé cette école
Quand j’ai fondé EDLB Danse en 2015, je voulais bâtir bien plus qu’un endroit où apprendre des chorégraphies.
Je voulais créer un milieu où les jeunes se sentent accueillis.
Un endroit où chaque danseur peut évoluer à son rythme.
Un espace où le plaisir, la progression et la confiance passent avant la comparaison.
Je voulais que les enfants qui entrent chez nous sentent rapidement ceci :
Ici, tu as ta place.
Pas besoin d’être “la meilleure”.
Pas besoin d’être parfaite.
Pas besoin d’être déjà rendue.
La réalité des groupes compétitifs
Avec les années, notre école a grandi. Nous avons développé des groupes compétitifs pour les jeunes qui souhaitent aller plus loin, s’investir davantage et vivre des défis supplémentaires.
Et je crois sincèrement que ces groupes peuvent être extraordinaires.
Ils apprennent la discipline, l’engagement, le travail d’équipe, la résilience, le dépassement de soi.
Mais ils apportent aussi une responsabilité immense.
Parce qu’à partir du moment où il y a des auditions, des sélections ou des niveaux différents, une question délicate apparaît :
Comment offrir l’excellence à certains… sans faire sentir aux autres qu’ils valent moins?
Ce que je refuse de perdre
Je serais malhonnête de dire que cela ne me touche pas quand un jeune n’est pas retenu.
Je connais souvent son parcours.
Je connais ses efforts.
Je connais ses rêves.
Et derrière chaque décision, il y a un humain.
C’est pourquoi je refuse que la performance devienne la seule mesure de la valeur d’un danseur.
Un danseur ne se résume pas à :
- son niveau technique
- un groupe dans lequel il est placé
- un résultat de compétition
- une audition réussie ou non
Un danseur, c’est :
- du courage
- de la constance
- de la sensibilité
- de la joie
- une présence unique
- un chemin en construction
Notre vraie mission
Oui, nous offrons du compétitif.
Mais ce n’est pas l’identité de notre école.
Notre identité, c’est de faire grandir des jeunes par la danse.
Certains choisiront le chemin compétitif.
D’autres non.
Certains y seront prêts maintenant.
D’autres plus tard.
Et certains découvriront que leur bonheur se trouve ailleurs : dans les cours récréatifs, sur scène au spectacle, dans l’amitié, dans le mouvement, dans le simple plaisir de danser.
Tout cela a autant de valeur.
Ce que je veux protéger
Je veux protéger un milieu où :
- chaque jeune se sent vu
- chacun a le droit d’apprendre sans honte
- la progression compte plus que le niveau
- la passion reste plus forte que la pression
Je veux que nos danseurs comprennent ceci :
Le compétitif est un chemin possible.
Pas une définition de ta valeur.
En terminant
Diriger une école, c’est parfois naviguer entre ambition et bienveillance. Entre structure et humanité. Entre excellence et inclusion.
Je n’aurai pas toujours des décisions parfaites.
Mais je peux promettre une chose :
Je continuerai de bâtir un endroit où chaque danseur a sa place, où l’on peut viser grand sans perdre l’humain.
Un milieu où la danse développe des artistes solides, mais surtout des jeunes qui grandissent avec confiance, discipline et fierté.
Par Laurie Bélanger, fondatrice de l’EDLB Danse

