Le vocabulaire de la danse et l’enseignement chez EDLB Danse

Cours, atelier, mentorat : les mots ont-ils encore un sens?

Dans le milieu de la danse, certains mots sont devenus particulièrement attirants : immersion, mentorat, laboratoire, communauté, formation… Pourtant, le vocabulaire de la danse influence directement notre manière de présenter les expériences d’apprentissage.

Ce sont des mots forts. Ils évoquent la profondeur, l’accompagnement, l’expérimentation et le sentiment d’appartenance. Mais lorsque nous les utilisons pour désigner toutes sortes d’expériences, ils finissent par perdre leur sens.

Un cours plus long ne devient pas automatiquement une immersion.
Une classe donnée par un artiste reconnu n’est pas nécessairement du mentorat.
Un cours de création n’est pas toujours un laboratoire.
Et un groupe de personnes inscrites au même programme ne forme pas forcément une communauté.

Cette distinction n’est pas qu’une question de vocabulaire.

Les mots aident les danseurs et les familles à comprendre ce qui leur est proposé, à choisir une expérience qui répond réellement à leurs besoins et à savoir à quoi s’attendre.

Pourquoi le vocabulaire de la danse doit rester juste

Un cours est un espace d’apprentissage guidé par un enseignant. Il peut être ponctuel ou s’inscrire dans une progression à plus long terme.

Un atelier permet d’explorer un thème, une technique, un style ou une approche pendant une période déterminée.

Une classe de maître offre un contact privilégié avec l’expertise et la démarche artistique d’une personne invitée.

Une formation repose sur des objectifs précis, une structure réfléchie et un véritable parcours d’apprentissage.

Le mentorat est une relation d’accompagnement qui se construit dans le temps. La personne qui accompagne apprend à connaître le parcours, les forces, les difficultés et les objectifs de l’autre. Elle ne transmet pas seulement du contenu : elle soutient un développement.

Un laboratoire est un espace structuré d’expérimentation. On n’y entre pas nécessairement avec une réponse déjà trouvée. On essaie, on observe, on échoue parfois et on recommence. L’inconnu fait partie du processus.

Enfin, une communauté ne se résume pas à une liste d’inscriptions, à un auditoire ou à des abonnés. Elle se construit lorsque des personnes prennent soin de leur espace commun, contribuent à la progression des autres et choisissent d’incarner des valeurs ensemble.

Aucun de ces formats n’est inférieur aux autres

Un cours peut être extraordinaire sans être présenté comme une immersion.

Un atelier peut transformer une personne sans qu’on lui donne le nom de laboratoire.

Une rencontre ponctuelle avec un chorégraphe peut être profondément inspirante sans être qualifiée de mentorat.

Utiliser le mot juste ne diminue pas la valeur d’une expérience. Au contraire, cela permet de reconnaître sa véritable force.

Notre engagement à EDLB Danse

À EDLB, nous voulons nous engager à employer un vocabulaire qui correspond réellement aux expériences que nous proposons.

Cela signifie :

  • présenter clairement le contenu, la durée et les objectifs de nos activités;
  • distinguer les cours, les ateliers, les formations et les projets de création;
  • ne pas utiliser des mots plus impressionnants simplement pour augmenter la valeur perçue d’une offre;
  • réserver le mot mentorat à un véritable accompagnement dans le temps;
  • réserver le mot laboratoire à une démarche où l’expérimentation et l’incertitude sont réellement présentes;
  • continuer à bâtir une communauté fondée sur des valeurs vécues, et non seulement affichées.

Nos mots façonnent les attentes.
Nos attentes influencent nos façons d’apprendre.
Et nos façons d’apprendre contribuent à créer la culture de notre milieu.

Nous croyons que l’excellence commence aussi par là : savoir ce que nous faisons, pouvoir l’expliquer clairement et avoir l’intégrité de l’appeler par son vrai nom.

À EDLB, nous nous engageons à ce que les mots utilisés soient à la hauteur du travail accompli.

Cette réflexion a été inspirée par une publication de Sarah K. Balzat, fondatrice de Yerba Buena Circle.